Bolivie – La Paz – L’apothéose

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La Paz, 3800m d’altitude. Notre rue est en pente, l’essoufflement est quasi immédiat!

Je trouve assez rapidement un guide pour mon expédition en montagne, on peut donc profiter de notre première journée dans cette ville agréable, et bourrée de français! On n’a jamais vu ça de tout notre voyage. De la fenêtre de notre chambre d’hôtel, les échos de la rue résonnent dans notre langue.

Le truc un peu oppressant ici, ce sont les fœtus et bébés lamas morts pendus à l’entrée des échoppes du marché de sorcières. Même si notre guide nous certifie qu’il s’agit de morts naturelles liées à l’altitude (oui oui…), ça fait froid dans le dos.


Ce sont en fait les pièces centrales des offrandes traditionnelles que les boliviens font brûler avant de les enterrer devant leur maison.


Alors OK, le marché aux sorcières du centre ville est plutôt destiné aux touristes, et présente des remèdes assez « vendeurs ».


Quelques jours plus tard, au détour d’une balade dans des quartiers plus reculés de la ville, nous rencontrons des sorcières, qui elles, ne rigolent pas.

On apprend aussi la drôle d’histoire de la prison du centre ville, complètement auto-gérée par les détenus, avec tous les abus que ça peut impliquer. Auparavant, des visites officieuses étaient même organisées pour les touristes en mal de sensations par un anglais incarcéré sur place. Elles ont fini par être interdites à cause du trop grand nombre d' »incidents » (agression, viols). Sympa.
Aujourd’hui encore, pas mal d’étrangers s’y trouvent enfermés, car une loi punit de 8 ans de prison tout individu trouvé en possession de drogues, quelle que soit la substance et la quantité.
Pour rendre visite à sa famille en sécurité, il faut d’ailleurs louer les service d’un « taxi », de mèche avec les barons locaux, qui vous escorte jusqu’à la cellule demandée.
Bref, nous on reste dehors!

Le lendemain, je file en montagne pour réaliser un vieux rêve, grimper à 6000m. Ici c’est relativement « facile », car on est déjà assez haut en altitude pour commencer l’ascension.
Dans mon cas, ce sera le Huayna Potosí car c’est le seul qui peut se grimper en 24 heures.


J’étais toute seule avec mon guide, mais j’ai rencontré des gens supers au refuge le soir et en cours d’ascension. Notamment ce couple de franciliens qui sort de 8 jours de trek en totale autonomie dans la Cordillère Royale… chapeau! Et pas mal de jeunes qui font là leur première ascension, après une toute petite journée d’initiation/acclimatation la veille.

Il faut dire que la course n’a rien de technique. Après un réveil à minuit (enfin, « réveil » est un bien grand mot quand on a juste somnolé avant!), nous partons dans la nuit glaciale. Jusqu’à 5900m ce fut une balade. Et là, d’un coup, ça chavire, le vent qui se lève rend le froid mordant. Malgré les gants de compétition que me donne mon guide, j’ai vraiment mal. Et surtout, la pente s’accentue, et le manque d’oxygène se fait vraiment sentir. Sans rire, je faisais une pause tous les 3 pas!
Et puis, en levant les yeux, le vide de l’autre côté de la crête. Un paysage infini englobe le Lac Titicaca. Wouaw.

Quelle émotion en haut. Je n’avais pas toute ma tête. 10 minutes pour reprendre mes esprits, puis je tourne cette vidéo. Impossible de reprendre mon souffle, alors que l’effort est depuis longtemps derrière moi!

 

Le soleil se lève et nous réchauffe, enfin.
Le retour est un bonheur de chaleur, de crêtes neigeuses, de crevasses bleutées et de paysage de mers de nuages. Le rêve.

Je rentre cassée à La Paz pour m’endormir de longues heures.
La route de la mort en VTT, un temps envisagé dès le lendemain, sera finalement repoussé; il faut être raisonnable, un jour de repos s’impose!
Alors on en profite pour arpenter la ville, encore, en hauteur cette fois grâce au réseau de téléphériques ultra-modernes.


À l’aide des différents panoramas, je garde les yeux rivés sur « ma » montagne.

Le soir, Yannick me fait un magnifique cadeau, il a trouvé un restaurant gastronomique, le Ali Pacha, pour fêter le 6000m. C’est végétarien, et c’est une explosion de saveurs. Nous trouvons enfin le plaisir gustatif que nous étions venus chercher à Lima. Dans les plats, les jus de fruits et épices qui les accompagnent, mais aussi dans les vins boliviens. Wouaw, un vrai bonheur.

On quitte donc La Paz sur un nuage, cette fin de voyage est une apothéose!

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